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30/10/2008

Chine, Russie, USA: pour un Yalta capitaliste ?

Depuis une décennie déjà on parle de "division internationale du travail". Il est vrai que ce que l'on a convenu d'appeler l'économie globale n'a pas fait de détail et a concentré les ressources en certains points bien déterminés.

La crise qui s'est amorcée depuis plusieurs années déjà joue le rôle d'un révélateur des forces et faiblesses des différentes puissances économiques. L'une des premières puissances à engager le rapport de force a été la Russie dans le domaine énergétique, domaine qui fut le premier moteur de la crise. Les coupures d'approvisionnement en Ukraine et Biélorussie ont montré que la stratégie russe était essentiellement concentrée sur le domaine énergétique. La chute actuelle des prix du pétrole affaiblit sensiblement cette startégie mais peu de gens se font des illusions sur une baisse durable des prix du gaz et du pétrole. Toutefois la Russie possède de sérieux concurrents dans le domaine au Moyen-Orient, l'Arabie Saoudite et l'Irak pour le pétrole, l'Iran pour le gaz et le pétrole et le Qatar pour le gaz. Les intérêts des russes au Moyen-Orient sont en fait strictement opposés à ceu des occidentaux dont le mot d'ordre est: "diviser pour mieux régner". Un Moyen-Orient stable et uni politiquement permettrait aux russes de nouer une alliance énergétique simple pour profiter conjointement des rentes gazière et pétrolière. On voit ainsi les russes s'engager dans la résolution des conflits au Moyen-Orient (Palestine, Iran). Dans notre " Yalta capitaliste" la Russie jouerait donc le rôle du pourvoyeur d'énergie mais elle doit encore rassembler les cartes avant de se présenter à la table de jeu.

Le deuxième acteur du triangle économique est la Chine, principal producteur de produits manufacturés au monde et qui a su orienter vers son territoire l'essentiel des flux de matières premières, hormis l'énergie. Cette usine gigantesque a les moyens de faire plier les Etats-Unis par la seule force de leurs échanges commerciaux. De ce point de vue le "socialisme de marché" a parfaitement réussi à rendre la planète dépendante de la Chine. La réimplantation locale des industries est possible (et nécessaire) mais pas réalisable dans un délai suffisamment court pour éviter des catastrophes économiques. En revanche la Chine peut toujours menacer de réorienter sa production vers la consommation intérieure.

Le troisième acteur, les Etats-Unis bien sûr sont apparus en position de faiblesse au début de la crise mais ils ont révélé un atout maître depuis: la confiance internationale dans le dollar. Les Etats-Unis sont la puissance monétaire et même si ce titre peut apparaître arbitraire et relever du virtuel il n'est en est pas moins porteur de menaces très lourdes pour à la fois la Chine et la Russie, détenteurs d'un montant considérable de bons du Trésor américain. Les Etats-Unis tiennent la planche à billet et ne la lâcheront que sous la menace.

En résumé nos trois puissances se tiennent mutuellement et ont les moyens d'infliger des dégâts économiques considérables au reste de la planète. On notera que l'Europe est écartée de ce trio, elle ne possède en effet aucun des atouts cités ci-dessus, l'euro venant de révéler sa fragilité. Elle ne peut qu'espérer un accord favorable des trois grandes puissances.

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