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18/02/2014

Hollande, la leçon de maquereau-économie

 

On sait que François Hollande a en quelques semaines trahi à la fois sa compagne et le peuple français. Mais il est important de souligner qu’il s’agit de deux tromperies bien différentes. Si à l’égard de Valérie Trierweiler il s’est comporté d’abord en banal mari adultère puis en cheik saoudien répudiant une de ses épouses, à l’égard du peuple français il  a employé la méthode de l’amant brutal proposant à sa partenaire, au saut du lit, d’aller tapiner pour faire bouillir la marmite.

 

C’est un fait, et nous l’avions déjà souligné, qu’à voir les gesticulations de nos dirigeants sur le front de la dette et de l’emploi on hésite pour les qualifier entre les termes de putain et maquereau. Le premier de ces adeptes de la maquereau-économie européenne fut Papandreou en Grèce qui n’hésita pas une seconde face aux diktat de la troïka à brader tout un pays, infrastructures et population comprises. Il avait au moins l’excuse du diktat.

 

On savait déjà que François Hollande avait plus le profil de Papandreou que de Roosevelt, on savait qu’il ne résisterait pas. On ne pensait pas qu’il serait diligent jusqu’à devancer les désirs de ses clients. Le président français (et pas le président des français !) vient de nous jouer un ballet en trois actes qui le place au sommet des docteurs de la maquereau-économie pour les décennies à venir.

 

Premier acte : le pacte de responsabilité qui s’inscrit dans la continuité des cadeaux faits au MEDEF depuis le début de son mandat. On demande aux français de faire le trottoir mais on reste dans le quartier.

 

Deuxième acte : le voyage en célibataire chez Barack Obama, le grand frère américain. Prise de position en faveur du trop méconnu Traité Transatlantique, évidemment jamais débattu avec les citoyens, et pas plus avec les représentants du peuple. Les français prosternés offerts en sodomie à la puissance américaine.

 

Troisième acte : réception des grands clients, étrangers ou français. Et là tout y passe, la France se transforme en paradis du tourisme sexuel. En France on suce, on avale, on se fait prendre en levrette, on peut même faire dans le sado-maso. Jusqu’à cette formule sybilline du PDG de Siemens regrettant « le risque pénal pesant sur la tête des mandataires sociaux » (un mandataire social c’est un PDG mais on n’aime pas les termes grossiers à l’Elysée).

 

Le bouquet des mesures annoncées par l’Elysée pour attirer le chaland fait tourner la tête et ressemble à s’y méprendre à un appel à voter pour le Front National aux prochaines élections ! Tout sera ouvert pour les investisseurs et les talents étrangers, la fiscalité sera négociée au cas par cas, on débloquera 25000 euros pour une start-up étrangère. Qu’on se le dise partout ! Chez nous c’est bas résille et french-cancan jusqu’à la fin de la nuit ! Venez claquer votre argent dans notre immense bordel !

 

Vous me direz que quand on propose ses services avec aussi peu de pudeur et autant d’empressement c’est qu’on doit être sacrément dans le besoin. Oui mais le besoin de quoi ? De l’emploi pardi. Il faut dire que souvent les tapineuses sont un peu réticentes à offrir leurs services sexuels et qui plus est à refiler 80% des bénéfices à leur mac.  Il faut donc savoir les convaincre de s'allonger. La menace physique et la violence peuvent faire l’affaire mais c’est fatigant, un bon maquereau comme Hollande préférera un chantage efficace.  Pour Olga c’est le chantage à la carte de séjour, pour Noémie le chantage à l’héroïne, pour les français ce sera un chantage à l’emploi. Du veux du taf ? Fous-toi à poil, agenouille toi et pompe moi le nœud. On va t’en trouver du taf, tu vas voir. Un truc sous-payé, inintéressant, sans aucune utilité publique, précaire, stressant… mais qui est regardant aujourd’hui ? L’emploi est l’alpha et l’oméga de la pensée maquereau-économique, elle n’existerait même pas si elle n’avait pas été précédée par des millions de pages de propagande torchées par les idéologues de l’emploi.

 

Et l’emploi, c’est l’argent, c’est l’investisseur, le gras du bide qui cherche sa poule de luxe. Alors on se fait beau pour lui, on se bichonne, on se parfume. Le campus Paris-Saclay deviendra la « Silicon Valley » de la banlieue parisienne au même titre que Lulu est devenue la « Marylin de la rue Saint-Denis ». La métaphore américaine a toujours fait bander le gogo plein de fric.

 

Le désespoir de l’emploi c’est le seul moteur encore allumé dans notre société, celui qui permet de franchir sans ciller les barrières entre la lutte contre la finance internationale et l’ouverture du pays aux quatre vents capitalistiques. Le moteur qui transformera le patriote Montebourg, apôtre du « Made in France », en Arnaud le ravi du miraculeux capitalisme international.

 

On peut comparer Hollande à Papandreou, à Schröder, à Blair si on veut… On pourrait tout aussi bien le comparer à Deng Xiao Ping qui a converti la Chine à ce qu’il appelait le « socialisme de marché ». Pour justifier ce tournant il avait déclaré « peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, s'il attrape la souris, c'est un bon chat ». Cette phrase sonne aujourd’hui comme la maxime du capitalisme international qui a compris qu’il était plus simple de transformer la gauche et la droite en deux versions d’un même logiciel que de vouloir assurer absolument l’hégémonie d’un pouvoir comme au temps des dictatures militaires. Concrètement Deng Xiao Ping avait initié en Chine la politique des « zones franches » dont le trop fameux Shenzhen, formidable précurseur des politiques maquereau-économiques qui ont frappé aveuglément la quasi-totalité de la planète avant de se rabattre sur les pays européens. Pour les fonds souverains des pays émergents on peut dire que c’est un juste retour des choses de pouvoir enfin palper la catin blanche après avoir soi-même pendant longtemps fourni de la barbaque aux industriels européens.

 

Pour clôturer ce fantastique triptyque hollandais dont le potentiel de violence sociale dépasse de loin les sombres années Sarkozy, on pourrait poser dans sa bouche les mots du renard de La Fontaine : « Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute ».

 

 
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